Seul le front républicain a permis à la macronie d’éviter la déroute totale et à votre parti, Monsieur le Premier Ministre, de préserver, souvent grâce aux voix de gauche, 47 députés malgré vos 5,4% du 1er tour.
Le 18 juillet dernier, celui qui est devenu votre ministre de l’intérieur indiquait ne pas croire à : « Une grande coalition, au mariage des contraires, c’est la parousie du « en même temps ». Il me semble en effet que c’est dans la clarté que nous devons travailler pour la France ».
Et pourtant, vous avez donc rejoint Emmanuel Macron en acceptant de vous asseoir sur le vote des électeurs et pire, en vous plaçant de fait sous la surveillance du Rassemblement National. Par un tour de passe-passe institutionnel, le Président de la république a donc dissout l’Assemblée nationale et renverser le Sénat.
Monsieur le Premier Ministre, on ne joue pas avec la Démocratie.
Vous avez reçu le mandat pour gouverner de la part d’Emmanuel Macron, c’est incontestable. Mais vous ne l’avez pas reçu du peuple. De quelle majorité êtes-vous donc le chef ?
Vous n’avez pas engagé hier votre responsabilité, Madame le Pen n’a donc pas eu à se prononcer sur votre programme, se contentant de repousser la censure à venir au nom d’une respectabilité républicaine soudainement affichée de sa part.
Monsieur le Premier ministre, avec mon groupe, je conteste avec la plus grande force le choix qui a été fait par Emmanuel Macron d’écarter le nouveau front populaire, coalition arrivée en tête à l’assemblée nationale le 7 juillet dernier.
Nous connaissons tous le ciment de votre nouvelle alliance : le libéralisme, la défense acharnée du monde de l’argent, des intérêts privés contre l’intérêt général.
Et Pourtant par trois fois, le rejet qui s’est exprimé puise sa source dans les dégâts occasionnés par ce libéralisme qui s’attaque aux fondements sociaux de notre République.
Le bilan d’Emmanuel Macron est terrible : 1 000 milliards de dettes supplémentaires accumulées depuis 2017.
Ce bilan terrible, c’est la casse du service public, comme celui de la santé ou de l’école, pour satisfaire le dogme de la réduction de la dépense publique. C’est l’échec total en terme de logements.
Ce bilan terrible c’est l’annonce d’un déficit public pouvant dépasser les 6% du PIB. Un bilan terrible, illustré par la progression de la pauvreté, la précarisation de l’emploi et le recul flagrant du pouvoir d’achat.
Ce bilan terrible ce sont ces zones de non droits sociaux, ces campagnes et quartiers délaissés, dévastés par la désindustrialisation. Ce sont ces zones rurales qui assistent impuissantes à leur perte de sens et s’effraient des lendemains incertains.
Ce bilan terrible, ce sont ces agriculteurs qui s’épuisent face à une mondialisation qui les éreinte. Allez- vous Monsieur le premier ministre inscrire à l ‘Assemblée nationale le texte qui met un terme au CETA ?
Face aux aspirations de justices sociale et fiscale, à une sécurisation globale de l’existence, la ficelle est bien connue pour détourner le peuple du combat pour le progrès : le diviser, jeter en pâture des boucs émissaires, agiter les peurs.
Ainsi depuis votre nomination, pas une journée, pas une heure ne passe sans une saillie contre l’immigration.
Oui, il faut assurer la sécurité de la population, qu’attendez-vous donc pour relancer la police de proximité ? Et oui il faut accueillir les étrangers dans des conditions qui permettent une bonne et nécessaire intégration. Mais nous savons que celle-ci ne se fera pas sans une harmonisation globale de notre société, faite de justice et de redistribution des richesses.
C’est pour cette autre politique que 80 % des Francais souhaitent taxer les riches.
Avec mon groupe, nous défendrons une autre voie - crédible et sincère - pour une France progressiste. Celle qui priorise l’intérêt général, en commençant par une reconstruction des services publics.
L’État doit assumer ses responsabilités et cesser de se défausser sur les collectivités territoriales. L’hémorragie financière doit être stoppée et les propos honteux de Messieurs Le Maire et Cazenave faisant porter sur elle l’accroissement de la dette alors qu’elles assument les leurs et portent l’investissement public, doivent être condamnés.
Une nouvelle fiscalité et une relance du pouvoir d’achat permettra de trouver les ressources financières pour faire redémarrer la France. Nous ne sommes pas dupes, Monsieur le Premier ministre, derrière une taxation a minima des entreprises et des plus riches, c’est une punition collective que vous préparez par des coupes budgétaires massives faute de recettes suffisantes !
L’urgence économique et sociale exige d’en finir avec la confiscation des richesses par l’optimisation fiscale, l’évasion fiscale et d’un droit des successions sources de privilèges insensés.
Nous sommes de ceux qui voulons répondre à l’urgence sociale : abroger la réforme des retraites, bloquer les prix sur les produits de premières nécessités augmenter les salaires. Votre « non-annonce » sur le SMIC n’est pas à la hauteur.
L’urgence sociale, c’est aussi répondre à la situation explosive dans les outre mers.
Le dialogue et le respect doivent être de retour en Nouvelle Calédonie-Kanaky. Enfin, vous avez décidé de renoncer à la convocation du Congres sur le dégel électoral.. Trop de morts, trop de destructions auraient pu être évités si Emmanuel Macron avait entendu au Printemps la voix de la raison.
Avant de conclure, comment ne pas évoquer notre angoisse et celle de tous face à la guerre et à la violence dans le monde.
Si l’agresseur russe doit être repoussé, il faut trouver le chemin de la paix en Ukraine ou les morts s’accumulent dans une folle spirale.
À quelques jours du terrible anniversaire des attentats terroristes du 7 octobre comment ne pas espérer le retour de la paix sur ces terres du proche orient maculées de sang cette nuit..
La violence de l’action de Benjamin Netanyahou et de son gouvernement est insupportable. Des dizaines de milliers de morts à Gaza, un Liban agressé sans relâche, les attaques iraniennes en réaction installent un avenir bien sombre.
La France doit agir pour que la paix et la sécurité au proche orient soit assurés pour tous les peuples. Elle doit retrouver sa place essentielle et se faire entendre dans le concert des Nations.
Monsieur le premier ministre je vous ai écouté hier et aujourd’hui.
Votre programme est celui d’un ancien monde, sans surprise celui de Monsieur Macron et de ses amis les riches.
Monsieur le Premier ministre, une chose est certaine, nous mettrons toute notre énergie à faire triompher les aspirations profondes de notre peuple au bonheur et à la paix !
Nous ne sommes pas dupes !
Réponse à la déclaration de politique générale de Michel Barnier
Suite à la déclaration de politique générale, la Présidente du groupe CRCE K répond au Premier ministre
Publié le 4 octobre 2024Les mois qui se sont écoulés depuis la brutale décision prise par Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée Nationale ont été marqués par une violence institutionnelle une violence démocratique, dont votre nomination à Matignon est, que vous l’acceptiez ou non, le symbole.
Faisons simple, les perdants des élections législatives ont fait fi du suffrage universel et se sont alliés pour préserver coûte que coûte la politique libérale dévastatrice que subit notre pays depuis 7 ans.
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Moyen-Orient: "Notre capacité collective à faire respecter le droit doit être démontrée"
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La situation au Proche et Moyen-Orient est catastrophique avec trois semaines d’escalade continue et une déstabilisation de la région et de l’équilibre du monde. Si l’exécutif a exprimé la position de la France, le Parlement doit jouer son rôle : débattre, éclairer, contribuer aux choix qui nous engagent.
Voilà ce qu'a affirmé la présidente du groupe CRCE-K, Cécile Cukierman, lors du débat au Sénat. Voici son discours :
"Nous condamnons sans ambiguïté la guerre d’agression menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Monsieur Cadic, quels que soient notre position intransigeante envers le régime iranien et nos combats pour les droits humains, et notamment ceux des femmes, nous condamnons cette violation du droit international.
La notion de guerre préventive ne repose sur aucun fondement solide. C’est une rupture profonde dans l’équilibre du monde, dont nous mettrons des années à mesurer les conséquences.
L’histoire nous enseigne que l’on n’impose pas la démocratie par la guerre, on ne construit pas la liberté sur la destruction. L’agression par les États-Unis et Israël franchit des lignes rouges graves. Les éliminations ciblées sont des exécutions extrajudiciaires qui remettent en cause le droit international. Pire, elles privent le peuple iranien de jugement, de vérité, de réparation - et donc de reconstruction.
En trois semaines, le conflit s’est étendu. Le Liban est touché, l’Irak déstabilisé, les tensions gagnent le Golfe.
C’est une escalade sans fin, dont les peuples paient le prix : des milliers de morts, des millions de déplacés, des villes et infrastructures détruites. À cela s’ajoutent des risques écologiques majeurs, après les frappes sur des installations sensibles.
La fermeture du détroit d’Ormuz fait s’envoler les prix de l’énergie. Qui paie ? Qui en profite ? Nous refusons que la guerre devienne une occasion de spéculation ; de l’agriculture à la plasturgie, des pans entiers de notre économie sont menacés, or rien ne garantit que les spéculateurs d’aujourd’hui seront les bienfaiteurs de demain.
La guerre économique est là, nous la subissons. Pour combien de temps ? Monsieur le Premier ministre, de nombreux pays européens ont déjà pris des mesures ; que comptez-vous faire concrètement ?
L’ordre international est en jeu : une ligne de fracture apparaît entre ceux qui défendent le droit international et ceux qui s’en affranchissent.
L’Europe a su défendre le droit dans d’autres contextes, mais sa parole apparaît hésitante. Le droit s’en trouve fragilisé. Or il n’est crédible que s’il est universel. Nous faisons un choix clair : celui du droit, de la justice, de la paix.
Ces principes doivent s’appliquer partout : à Gaza, en Cisjordanie, au Liban - qui a reçu plus de bombes en trois semaines que l’Iran...
Quel devenir pour le peuple ukrainien, alors que l’interdiction des importations de pétrole russe vient d’être retirée de l’agenda à Bruxelles ? Quel avenir pour Cécile Kohler et Jacques Paris, toujours assignés à l’ambassade de France, dont l’ambassadeur d’Iran estime cyniquement qu’il est possible qu’ils reviennent un jour en France ?
Membre permanent du Conseil de sécurité, seul pays de l’Union doté de l’arme nucléaire, la France porte une voix indépendante. Cela implique de parler clairement à nos alliés, de dire non quand le droit est bafoué, non à la logique de guerre. Des mesures concrètes doivent être prises : embargo sur les armes, sanctions, fin de la complaisance avec certains dirigeants.
C’est notre capacité collective à faire respecter le droit qui doit primer. Ce monde de conflit permanent, d’instabilité, nous ne l’accepterons jamais. Face à des bouleversements majeurs, nous n’avons ni le temps ni les moyens de renoncer au droit. C’est pourquoi nous défendons avec détermination le respect du droit international, la paix et la souveraineté des peuples, seul chemin de paix."
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